Marie-Line Schrotzenberger, théâtre, auteure, à la table d'honneur, Harmattan,

Une comédie théâtrale grinçante au cœur d’une fête de mariage où les langues se délient, où les personnages sont confrontés à leur propre souffrance sur un fond de prise de conscience face à une situation inattendue. Rencontre avec l’auteure Marie-Line Schrotzenberger…

Marie-Line Schrotzenberger, en quelques mots ?

Je suis née à La Réunion.  Je vis actuellement à Montpellier. Je reste très attachée à mon île natale et j’y reviens chaque année pour une tournée théâtrale et pour m’y ressourcer. Je suis comédienne et metteuse en scène. J’ai créé à Montpellier la compagnie l’Aparthéâtre. La compagnie installe, joue du théâtre là où on ne l’attend pas, dans l’intimité d’une maison, d’un appartement et s’empare de l’intérieur pour y faire entrer une autre intimité, une autre réalité, celle qui touche, celle qui séduit, celle qui transforme le regard des spectateurs…

Comment êtes-vous venue un jour à prendre la plume et à écrire ?

Avant d’écrire mes propres textes, j’ai fait beaucoup d’adaptations d’albums jeunesse pour la scène. Ces adaptations ont été jouées par des enfants de quatre à douze ans.  En 2012, j’ai éprouvé le désir d’écrire mon vrai premier texte théâtral pour ma compagnie l’Aparthéâtre. Ce texte « Les liens » a été publié en 2015 chez Lansman. Depuis, l’écriture est devenue une nécessité et j’écris chaque année une nouvelle pièce.

Marie-Line Schrotzenberger, où trouvez-vous l’inspiration ?

Je suis à l’écoute du monde et du Monde. L’inspiration, je la trouve en observant. Sans crayon, sans carnet, j’enregistre mentalement les mots, les images… Les vies des autres sont comme des friandises, j’aime les croquer.

Comment a été conçu le texte de la pièce de théâtre « à la table d’honneur » ?

Après avoir écrit une trilogie dramatique avec pour toile de fond La Réunion, après avoir écrit trois pièces pour enfants avec deux personnages, j’ai eu envie d’écrire une pièce légère, mais profonde avec de nombreux personnages. Chacun avec son histoire et ses fragilités. Une soirée de mariage et son atmosphère se sont imposées à moi. L’idée première était donc une soirée de mariage. Puis j’ai volontairement zoomé sur la table d’honneur pour limiter le nombre de personnages.

Que se cache-t-il derrière le titre « à la table d’honneur » ?

J’aime cette expression que je rattache aux mariages traditionnels. Je la trouve à la fois pompeuse et désuète. Être à la table d’honneur, avec les mariés, est toujours gratifiant, mais mon coup de projecteur est là, pour tourner cette pratique en dérision…

À travers ce texte, vous évoquez la position sociale, les relations amoureuses, le mariage et la vie de couple.  Pour quelle raison est-ce ?

Ce sont des thèmes que j’aime traiter. Ils sont d’ailleurs présents dans mes autres textes sous d’autres formes. Je rajouterai le thème de la finitude. Ce qui m’intéresse c’est l’humain avec toutes ses qualités et ses imperfections, ses faiblesses et sa grandeur d’âme, ses démons, ses névroses, ses rêves, ses fantasmes…et sa solitude. L’humain est un formidable terreau pour mes textes.

Pourquoi avez-vous évoqué aussi la politique, la religion et l’accueil des migrants ?

Ces trois points sont souvent sujets à discussion dans les repas de famille ou sont complètement occultés pour éviter justement toute discussion. Cela m’a paru intéressant de les introduire à la table d’honneur.

La chute est surprenante, n’est-ce pas ?

Une chute doit être surprenante. Surprendre le lecteur, surprendre le spectateur, jouer avec leurs certitudes…Ne pas écrire ce qu’ils attendent, c’est beaucoup trop rassurant. Puis c’est tellement amusant de jouer avec le lecteur ou le spectateur.

Marie-Line Schrotzenberger, quelles sont vos influences ?

Je lis beaucoup. De la littérature contemporaine essentiellement. Du théâtre, des romans, des récits, des nouvelles, de la poésie… On ne sait jamais si on est influencé, mais je crois que les lectures c’est comme l’enfance ça laisse des traces…

Je vais beaucoup au théâtre. Cela aussi laisse des traces…

Comment est née cette rencontre avec les Éditions Harmattan ?

Il n’existe pas beaucoup de maisons d’éditions éditant du théâtre. La maison d’édition L’Harmattan fait partie de ces quelques maisons et je me réjouis de ce choix éditorial. J’ai donc envoyé deux de mes textes à L’Harmattan, les deux ont été acceptés.

Envisagez-vous une adaptation théâtrale par exemple ?

 Je souhaiterais vivement qu’une compagnie s’empare de ce texte et en fasse une mise en scène déjantée ou me demande d’en faire la mise en scène et la direction d’acteurs.

Marie-Line Schrotzenberger, quel est votre futur ?

Poursuivre l’écriture de ma pièce en cours, chercher un lieu pour présenter pendant le festival d’Avignon la lecture spectacle de « Transport », un roman de Yves Flank, le comédien avec qui je joue dans la compagnie l’Aparthéâtre, préparer un spectacle musical regroupant chansons de Georges Brassens et sonnets de Pierre de Ronsard, monter « Les enfants d’Izieu » de Rolande Causse pour les collèges et les lycées.

Que lisez-vous en ce moment ?

Pierre, de Christian Bobin, Dire le vers de Jean-Claude Milner, Vie de Gérard Fulmard de Jean Echenoz, Requiem de Anna Akhmatova

Quelle est votre définition de la littérature ou du théâtre ?

Je crois profondément au rôle du lecteur, au rôle du spectateur dans la définition que je dois donner.

Le théâtre, la littérature ne peuvent exister sans eux. Ce sont des espaces de liberté, je dirais même les derniers lieux de liberté.

Un mot de fin !

Belle et longue vie « À la table d’honneur », que ce texte fasse son chemin dans des lieux les plus divers…


Marie-Line Schrotzenberger, théâtre, auteure, à la table d'honneur, Harmattan,

« A LA TABLE D’HONNEUR  » de MARIE-LINE SCHROTZENBERGER aux éditions de l’Harmattan.

C’est un repas de mariage. Il rassemble, à la table d’honneur, les mariés, leurs témoins et leurs familles respectives. Cela aurait pu être un moment joyeux et festif. Mais ce soir-là, rien ne se déroulera comme prévu. Tous vont tenter de vivre cette soirée de mariage, cherchant en vain à se faire comprendre.

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