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La pièce de théâtre de Julien Köberich provoque une résonnance dans notre vie personnelle et/ou professionnelle.  En 4 actes, l’auteur s’interroge sur la vie, le temps et les différents projets de vie. Rencontre

Julien Köberich, en quelques mots ?

Je suis comédien depuis une quinzaine d’années. Et j’écris des pièces qui parfois sont portées à la scène.

Comment êtes-vous venu un jour à prendre la plume et à écrire ?

J’en ai eu longtemps très envie sans vraiment oser, craignant le constat de ma propre nullité. Un jour quelqu’un m’a dit « écris-la donc, cette pièce » ; m’y sentant autorisé, je m’y suis collé. Depuis j’en ai écrit une dizaine.

Où trouvez-vous l’inspiration ?

Essentiellement dans les livres, mais encore faut-il lire tout en cherchant des idées. Celles qu’on trouve n’ont parfois rien à voir avec ce qu’on est en train de lire, l’imagination n’en faisant qu’à sa tête.

Comment a été conçu le texte de la pièce de théâtre « Bifurquer » ?

L’idée de mettre en scène des sauts temporels (la vie du personnage de Florian avance de cinq ans à chaque réveil) m’est venue en lisant un livre de Thibault Damour, « Entretiens sur la multitude du monde », que je serais incapable de vous résumer et auquel je n’ai d’ailleurs pas tout compris. Une fois que j’ai eu ce goût pour une forme, l’idée de fond m’est venue : retracer le parcours d’un personnage qui s’acharne à changer de vie et qui pourtant vit toujours la même chose. Ensuite, j’ai fait presque comme à l’école : rassembler mes idées de scènes, de situations, de personnages, bâtir un plan, rédiger, corriger.

Que se cache-t-il derrière le titre « Bifurquer » ?

Cette certitude qu’on a de faire des choix de vie qui en définitive nous font tourner en rond.

À travers ce texte, vous évoquez la position de l’homme face à sa vie professionnelle et personnelle, ses décisions. Pour quelle raison est-ce ?

J’ai voulu montrer un personnage qui saucissonne sa vie en différents projets à mener, afin de se donner l’illusion d’avancer, d’exister. Il lui faut changer tout le temps. De travail, d’appartement, de petite amie, de docteur, de vacances, etc. Pourtant, à quelques nuances près, rien ne bouge. Ça le rend malade.

Il m’a semblé que cette rage du changement était assez partagée de mes contemporains.

Julien Köberich, quelles sont vos influences ?

J’ai eu un déclic en lisant Le Revizor de Gogol parce que je me suis dit : « Saperlotte ! On a donc le droit d’écrire comme ça ! On peut aller jusqu’à pareille bouffonnerie ! ». Ça m’a décomplexé. Je suis aussi bien heureux d’avoir découvert Gherasim Luca : il a su faire sonner la langue française comme une musique des plus raffinées. Enfin, mes deux grands maîtres de théâtre : Pierre Debauche et Robert Angebaud.

Comment est née cette rencontre avec les Éditions Harmattan ?

La pièce a été éditée suite à l’obtention d’un prix au concours « Vivons les Mots » dont L’Harmattan est partenaire, mais je n’ai pas encore eu le plaisir de serrer la pogne de mon éditeur.

Envisagez-vous une adaptation théâtrale au Lucernaire par exemple ?

Je compte bien leur proposer. C’est un théâtre prestigieux et archi sollicité, mais je crois en ma bonne étoile.

Vous avez remporté le trophée Bronze du concours « Vivons les Mots 2019 » organisé par la ville de Mandelieu en partenariat avec l’ACSTS, les éditions l’Harmattan et le théâtre du Lucernaire. Qu’avez-vous ressenti ?

Un grand Alléluia m’a traversé corps. Je n’en reviens toujours pas.

Quel est votre futur ?

Le futur souhaité : écrire de bonnes pièces et les voir montées.

Que lisez-vous en ce moment ?

J’ai terminé Gil Blas de Lesage, suis presque à la fin de la Théologie portative de D’Holbach, et commence à lorgner un recueil de contes yiddisch.  Je lis beaucoup en ce moment, mais c’est loin d’être toujours le cas. Quand j’écris, je ne lis presque rien.

Julien Köberich, quelle est votre définition de la littérature ou du théâtre ?

Là, je vais dire une sottise. Je m’en remets au Petit Robert.

Un mot de fin !

Quand on démarre une pièce, on est rongé par la peur qu’elle soit médiocre. Une maxime de Machiavel m’a souvent donné le coup de fouet nécessaire. Je la livre, des fois qu’elle servirait à d’autres :

« Il vaut mieux faire et se repentir que se repentir et ne rien faire ».


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« Bifurquer  » de Julien Köberich aux éditions de l’Harmattan, Médaille de bronze du concours vivons les mots 2019.

À chaque réveil, la vie de Florian Morphe avance de cinq ans : une nouvelle conjointe, un nouvel appartement, un nouveau travail. Pourtant, rien ne change. Un surplace effréné.

Julien Köberich est auteur de théâtre et comédien. La plupart de ses pièces ont été portées à la scène.

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