Ma rencontre avec Costa Gavras

Lors du 70ème Festival de Cannes, à l’Hôtel Intercontinental du Carlton, j’ai eu l’honneur de partager un moment avec le grand cinéaste Costa Gavras venu à pour l’anniversaire du festival, pour la semaine du cinéma positif fondé par Positive Planet et pour le Prix France Culture.

Quel regard portez-vous sur votre carrière ?

On peut regarder à l’avant et à l’arrière (rires)…Je ne préfère pas parler de carrière mais plutôt de parcours. Les cinéastes ne font pas de carrière, ils font des films, ça marche on continue, ça ne marche pas c’est fini. On ne peut pas organiser une carrière !

Cette année, je suis à Cannes, c’est un peu comme une conclusion, c’est un honneur pour les 70ème du festival, d’être invité en tant que lauréat d’une Palme d’Or mais aussi une fierté. Socialement, je ne dirais aucun des films que j’ai fait à marcher ou pas. Je ne regrette aucun de mes films.

Vous êtes l’invité d’honneur du cinéma de la semaine positive à Cannes, que cela exprime pour vous ?

Je viens régulièrement au Festival de Cannes, en tant que président de la cinémathèque, on présente un programme dans la sélection « Cannes Classics ». Exceptionnellement, cette année, je suis là plus longtemps, l’anniversaire, le cinéma positif, prix de France Culture.

Je connais Jacques Attali depuis longtemps, c’est un homme qui connait la culture, la politique, l’économie. Nous avons échangé sur la fondation Positive Planet, j’ai trouvé cela très intéressé. Il participe aussi dans le domaine du cinéma.

Costa-Gavras Harvey Weinstein attending the Semaine du Cinema Positive by Positive Planet diner during the 70th Annual Cannes Film Festival in Cannes, southern France on May 24, 2017. Photo by Jerome Domine/ABACAPRESS.COM

Quel est votre point de vue sur le paysage cinématographique d’aujourd’hui ?

C’est très vaste comme question. Tout dépend du pays dans lequel on se trouve. Il y a le cinéma américain qui est plus travaillé, le cinéma français s’améliore, le cinéma chinois est très contrôlé, etc. Selon le pays, on ne considère pas le cinéma comme une priorité. On préfère montrer le cinéma international américain par exemple que le cinéma national. A partir du moment où le public est satisfait avec le cinéma américain, on ne fait aucun effort pour lui présenter autre chose. Il y a l’apprentissage de cet art et l’éducation cinématographique.

Vos films sont politiques, sociaux et engagés, comment faites-vous pour faire passer un message ?

Le mot « message » me terrifie…(rires) Je pars d’une situation qui me passionne et qui dure. De là, j’écris un scénario et j’échange avec différents collègues.

Que pensez-vous de la jeune génération ?

On peut dire que c’est du renouveau. En France, beaucoup de jeunes font leurs premiers films par an. Le système français les favorise. Le cinéma est un renouvellement permanent. Les jeunes d’aujourd’hui veulent faire du cinéma et moins s’enrichir avec. On parle de Box-Office mais le plus important est comment le film a été accueilli par la critique, par le public.

Travaillez-vous sur un prochain film ?

Je travaille sur un nouveau scénario. Il me faut encore quelques mois pour le finaliser. Nous verrons bien !

Qu’avez-vous pensé des élections présidentielles en France, aux Etats-Unis et ailleurs ?

Un drame aux Etats-Unis ! En France, c’est miracle. En 3 ans, Emmanuel Macron a réussi quelque chose d’énorme. Il a une envergure nationale et internationale. J’ai regardé son discours au débat face à son opposante, il m’a impressionné. Une vraie Classe !

Y a-t-il une différence entre le réel et la fiction ?

J’ai commencé avec la politique et la non-politique. Tout l’est devenu. La musique, les arts, etc. Il ne faut pas oublier l’esthétique qui joue un rôle important et qui lui est parallèle. Aujourd’hui, dans un film, on ne parle pas de politique mais plutôt de société.

Vous écrivez un livre, parlez-moi en ?

On m’a demandé de faire un livre. Je l’ai fait moi-même. Je parle de mon parcours, des rencontres, mes films, mes relations avec la France qui sont très fortes. Les sujets principaux sont le cinéma, l’apprentissage de la vie, etc.

Quel est votre meilleur souvenir au cinéma ?

Quand j’ai écrit mon 1er film, je l’ai donné à Simone Signoret pour qu’elle le donne à sa fille Catherine Allégret pour qu’elle interprète le rôle principal. De là, elle m’a proposé d’interpréter le rôle d’une vieille dans le film. Un honneur ! Un bouleversant total !

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