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À l’occasion du Festival de Cannes 2018, Bertrand Blessing est le compositeur de la musique du film « En guerre » de Stéphane Brizé, présenté en compétition officielle. De plus, il a été sélectionné par Cannes Soundtrack, un prix « Award de la meilleure musique originale » remis par un jury de journalistes, créé en 2010 par Vincent Doerr, qui permet de mettre en lumière la musique de film.

Bertrand Blessing, élève au conservatoire en section classique et jazz, se démarque par sa personnalité atypique. Batteur et vibraphoniste, il utilise toutes sortes d’objets et en fait sortir des sons surprenants et nouveaux. Sa musique est « une musique d’expériences », pleine d’influences allant du jazz à l’électronique, en passant par le funk.

Bertrand Blessing, en quelques mots ?

Bertrand Blessing, ça donne un musicien, auteur et compositeur suisse, qui se met au service de la lutte sociale française à l’appel de Stéphane Brizé.

Parlez-moi de votre rencontre avec le réalisateur français Stéphane Brizé ?

Il m’a vu jouer dans un spectacle de rue dans le nord de la Française. Il a été touché par ma musique et il est venu se présenter à moi. Je ne le connaissais pas, je ne connaissais aucun de ses films. Nous avons échangé nos contacts et il m’a envoyé le DVD de son film « La loi du marché ». Et là, j’ai pris une grosse claque. En regardant, le film une seconde fois, je me suis dit, il n’y a pas de musique dans son film. Qu’est-ce que ce mec me veut ?

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Comment êtes-vous arrivés à réaliser la musique du film ?

Il m’a dit qu’il était en train d’écrire un nouveau film qui s’appelle « En guerre » qui décrit la colère sociale avec Vincent Lindon. Il n’est pas fini, mais je pense que ta musique transparait tout ça, j’aimerai partir de la musique. De ce fait, il part filmer de vraies manifestations à Amiens, ce sont des images qu’on peut voir dans les journaux télévisés, mais ils ont une autre dimension, car ils sont pris par Stéphane Brizé. C’était le point de départ de notre collaboration pour alimenter mon inspiration.

Quelles ont été les attentes de Stéphane Brizé ?

Je pense que son cinéma est une forme d’intégrité. Je pense que Stéphane Brizé a reconnu une forme de colère, il est vrai que je ne suis pas forcé d’accord avec le système actuel. Du coup, il m’a parlé de ce grandement, de cette limite avant que tout explose. Alors, nous avons travaillé là-dessus. Quand le son devient presque insupportable, deviens une sensation. Tout le monde dit, c’est dingue sur un film d’une heure quarante, il y a 40 minutes de musique. Je ne me rends pas forcément compte, car c’est ma première expérience au cinéma. Stéphane Brizé a réussi à tout mélanger ensemble et dans le même sens.

L’avez-vous vu avant ?

Au début, j’ai vu des images d’archives et des images de vraies manifestations. Après, j’ai vu quelques rushs. À la fin, j’ai pu voir tout le film. Nous avons finalisé le tout dans un studio à Paris durant une semaine.

C’est aussi, votre première expérience ?

Pour moi, Stéphane Brizé a respecté qui je suis. Il est venu me chercher pour mon travail, la manière dont je le fais, cela ne me différencie pas ce que je fais actuellement, par exemple, pour des spectacles de danse contemporaine. Ma musique est plus forte quand elle a une adresse, c’est-à-dire, qu’elle a un sens, un guide, une âme, les porter et les amener. Il fallait respecter les comédiens amateurs et professionnels, respecter la vraie colère. Tout au début de ma carrière, en Suisse, dans mon pays d’origine, je n’étais pas à l’aise de jouer face au public. Je m’identifie plus lorsqu’elle accompagne une scène, une danse ou une situation.

Quels sont vos projets ?

Je travaille beaucoup avec des compagnies de danse. Je participe à la prochaine pièce de théâtre de Carole Thibaut, qui est la directrice du centre national du théâtre de Montluçon, un théâtre féministe engagé. Également, je fais partie de la compagnie « Over ».

Un mot de fin !

J’aimerais qu’on retrouve cette intégrité et d’arrêter ce délire d’absolue réussite, de reconnaissance, il faut s’interroger sur le fond, c’est fondamental !

 

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