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Antoine Elie dévoile son premier EP éponyme. D’entrée, on sait qu’ici, on ne triche pas. Orgie sonique, croisement des genres, musique hybride qui creuse pour mieux toucher le ciel. Rap, trip hop, pop, variété, Antoine Elie chante comme si c’était son dernier jour. Ou son premier. Il donne et on prend, sans attendre. C’est saisissant, c’est de l’intelligence grenade, de l’émotion pure, des fantômes qui s’affrontent pour écrire l’avenir, ce sont deux mains qui plongent au cœur de nos ténèbres afin de dessiner quelque chose de beau, de puissant, d’indélébile. Et une voix. Quelle voix ! Elle crache autant qu’elle berce, elle hurle autant qu’elle raconte, elle ne se planque pas, jamais. On pense aussi à celle d’un autre auteur-compositeur-interprète, bordelais lui. Elle est à la fois rauque et protectrice, violente et lucide, virile et enfantine, elle égrène une poésie de survivant, c’est une valse de paradoxes enivrante. Rencontre chez Polydor…

Antoine Elie, en quelques mots 

Une question à laquelle j’attendais…lol. Il faudrait que je les trouve ces mots-là…un jeune paumé de Normandie, j’écris beaucoup de chansons et j’adore chanter. Je suis assez fan de la musicalité des mots et des émotions. Je suis un musicien autodidacte. La voix surtout !

Comment qualifieriez-vous votre voix ?

Défoncée ! lol … Une musicalité proche de ce que je suis. Nous avons grandi ensemble, elle et moi. Je crois qu’avec ma voix, j’essaie de faire vibrer des choses au fond de moi quand je chante, des zones ou cela me caressent. C’est à la fois, ma meilleure amie et ma meilleure représentante sur la beauté et la laideur de ce que j’ai à l’intérieur. Elle arrive à habiter le mélange de ce qu’il y a de beau et de dégueulasse en moi.

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Comment est arrivée cette passion pour la musique ?

C’est quelque chose d’essentiel et fondamental que nous avons tous face à une passion. Mes parents m’ont fait écouter beaucoup de musique plus jeune. Très tôt, j’ai dit que je voulais être chanteur, d’un côté, la fierté et la honte de mon père qui est devenu médecin et d’un autre, ma mère en admiration. La musique était à l’intérieur et à l’extérieur de moi tout le temps. Je m’auto-persuadais que je voulais être artiste et j’avais cette espèce de pulsion essentielle.

Parlez-moi de ce parcours difficile jusqu’à l’arrivée chez Polydor ?

Un jour, Mike Matthieu me découvre au cours d’un concours de chant. S’en suit, une rencontre avec le duo de compositeurs producteurs Luke et Swing, peu de temps après, il m’a fait rencontrer Yann Lemen. Après un passage chez Sony Publishing où Jean Christophe Bourgeois me signe. J’étais dans une période où j’écoutais beaucoup de rap. Alors, j’ai balancé une cover « fusil » de SCH qui a généré beaucoup de réactions et de vues. De là, Mike m’a proposé de rencontrer Stéphane Espinoza, le directeur de Polydor France qui me signe en 2017.

Parlez-moi du EP éponyme ?

Tous les mardis et les jeudis, on se retrouve avec Luke pour travailler sur des musiques. J’écris les chansons et lui, il compose. Nous avons œuvré tous les titres du EP, sauf « Fusil ». Dans la chanson « Aie », je parle de la mort, car je trouve qu’elle porte un sens à tout ce qu’on vit et nous entoure. Des sujets qu’on n’aborde pas assez. Dans la chanson « L’Amas d’Chair », j’ai réussi à mettre tout mon amour et ma détestation des femmes. La chanson « Toi qui m’écoutes », c’est du premier degré qui cingle, qui arrache, qui défouraille. Le titre est sorti d’une traite. Dans cet EP, j’aborde beaucoup de thèmes comme l’amour, la femme, l’amitié de façon virulente certes, mais j’ai de la légèreté en moi, et je ne m’en sers pas encore. Je pense qu’il y a eu une pulsion, car c’est la 1re fois que les gens ont envie de m’écouter. Je comprends maintenant que ce n’est pas que pour moi que j’écris. J’ai voulu essentiellement mettre des choses lourdes et profondes que j’avais en moi, afin de dire après on respire.

Parlez-moi des clips et de la rencontre avec François Rousseau ?

Nous avons eu trois jours de tournage, c’était de la folie ! François est un vrai professionnel, il est arrivé avec des idées et des story-boards sur du papier canson, il dessine comme un dieu. Il forme un duo avec André Atangana. Je pense que je suis l’un des projets auquel Stéphane Espinoza croit. Dans le clip « Aie », Fleur Copin est fantastique et transcendante, c’est une danseuse du Crazy Horse.

Vos influences ?

Marilyn Manson, la musique classique et son exigence, Bertrand Cantat et mon acolyte Luke.

Vos envies de collaborations ?

J’adorerai travailler avec Benoit Poher de Kyo. Avant tout, j’ai besoin de rencontrer les personnes pour que cela vibre humainement et musicalement.

Votre Playlist actuelle ?

Awolnation, Booba, Josman, Billie Holiday.

Un mot de fin !

Je parle de moi en essayant de parler de vous, et si cela est le cas, il y a moyen qu’on se ressemble, qu’il se passe un truc.

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