Actuellement, à l’affiche du film « Voyoucratie » réalisé par Fabrice Garçon et Kevin Ossona. Rencontre avec l’acteur Abel Jafri…

Parlez-moi du film voyoucratie ?

Je suis arrivé à la fin du film. J’avais rencontré les réalisateurs tout au début, mais je n’étais pas disponible à cette période. Après, ils sont revenus vers moi pour me proposer le rôle du parrain « Abbas ». Je leur ai proposé de ne pas changer le personnage prévu initialement, du coup, nous l’avons intégré dans les hommes de main du parrain. Après il fallait que j’apprenne le rôle et que je comprenne l’univers des deux réalisateurs. Heureusement, j’ai pu compter sur le soutien de Salim KECHIOUCHE qui a été formidable.

 

Quel est le rôle qui vous a le plus marqué ?

C’est une question difficile ! Je ne peux pas choisir, il n’y a pas un rôle, mais des rôles. C’est un métier passionnant, difficile, beau et intéressant, j’espère pouvoir continuer encore plus longtemps possible.

Quels sont vos projets ?

Je tiens le rôle d’un capitaine de bateau dans le prochain film de Ken Scott « l’extraordinaire voyage du fakir qui est resté coincé dans une armoire Ikea ». Sans doute, un projet avec Mel Gibson avec qui je suis resté très lié depuis notre rencontre sur le film « La passion du christ ». Cet été, j’ai un tournage de prévu pour un film intitulé « 4H20 et un regard certain ».

Quelle serait votre récompense la plus ultime, la plus importante ?

La plus belle récompense serait un monde meilleur et amélioré où on se préoccupe plus de l’humain, de l’environnement et de l’écologie.

Quel souvenir gardez-vous de Timbuktu ?

C’est une grande aventure avec un réalisateur Abderrahame SISSAKO et une productrice Sylvie PIALAT formidables. Cela reste un bon souvenir.

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Vous êtes Chevalier de la Légion d’honneur ?

C’est une belle récompense qui m’a été remise par l’ancienne ministre de la Culture Fleur Pellerin. De plus, je n’ai fait aucune demande. Lors de cette remise, j’ai pensé à mon père et à ma mère, qui nous ont appris l’amour pour ce pays.

Avez-vous envie de réaliser ?

Oui, quand ça serait le moment ! Même, si j’ai déjà réalisé des courts métrages.

Quel regard portez-vous sur votre carrière ?

Je porte un regard bienveillant, car j’ai pu faire des choses que j’avais plus ou moins envie de faire. Ce qui est déterminant dans ce métier, c’est le choix que tu fais, comment tu construis ta carrière, comment convaincre les personnes de travailler avec toi, les rencontres intéressantes et sincères. Ce n’est pas un métier de fantasme. La différence se fait dans le travail et par le travail. À chaque démarrage d’un film, je recommence à zéro. Je n’ai pas la prétention de vouloir le rêve américain.

Quel est votre point de vue sur le paysage cinématographique d’aujourd’hui ?

En France, nous avons de bons techniciens, de bons réalisateurs, de bons scénaristes, de bons acteurs et une nouvelle technologie qui progresse. Je pense qu’on va créer un nouveau cinéma plus fort et plus intéressant.

Y a-t-il une différence entre le réel et la fiction selon vous ?

Ah oui, complètement ! Il y a une session quand tu fais un film, tu te bases sur le scénario, l’histoire. Je dirais qu’un documentaire est plus proche du réel. La fiction se crée, s’invente, se base sur un univers, un métier ou une situation.

Parlez-moi de votre livre « Les Dattes d’Aoulef » ? Est-ce autobiographique ? Quel est le message ?

C’est un roman composé de 5 chapitres qui racontent l’histoire de l’immigration dans les années 50, 60, 70 jusqu’à aujourd’hui. J’ai mi 6 ans à l’écrire, pour trouver mon style et apporter ma poésie. Dans ce livre, j’avais envie de parler du vivre ensemble, car cela n’existe plus ou moins aujourd’hui. À l’époque des immigrés polonais, italiens et maghrébins étaient liés par le social, l’aide, etc. J’avais aussi envie de rendre hommage à ces parents issus d’immigration, de parler de la France et de la campagne. Il n’est pas tout à fait autobiographie même si mon père y est issu. Ce livre devrait être adapté prochainement au cinéma, mais je ne le réaliserai pas.

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Un mot de fin !

N’hésitez pas à aller voir voyoucratie.

J’ai envie de dire à la jeune génération, foncez !

 

Merci Abel pour votre confiance , amicalement Zakaria 

Petit rappel du parcours d’Abel Jafri:

Abel Jafri est un acteur français. Déterminé, généreux et simple, à l’aube de ses 30ans de carrière, il a tourné dans plus de 34 films et séries, a joué dans plusieurs pièces de théâtre. Formé au théâtre d’improvisation à Aubervilliers, Abel prend ensuite des cours de comédie au studio Pygmalion (Pascal Luneau) puis à l’Actors Studio à New York (Jack Walzer). Il joue dans plusieurs pièces de théâtre – notamment dans Tropismes de Nathalie Sarraute et dans L’Algérie en éclat de Catherine Lévy Marie – tout en alternant télévision (notamment dans Famille d’accueil, Aïcha et PJ, Engrenages (série Canal Plus) et cinéma, notamment dans les films de Rabah Ameur-Zaïmeche ou dans La Passion du Christ de Mel Gibson. Il a reçu le Prix d’interprétation masculine au Festival international du film d’Amiens pour L’Autre Moitié de Rolando Colla en 2007 et a été décoré par Fleur PELLERIN en tant que Chevalier de la Légion d’honneur en 2015.

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